1er décembre 2009
– L’hypnose aurait un effet spécifique et mesurable sur
certains aspects de l’activité du cerveau. C’est ce
qu’indiquent les résultats d’un essai préliminaire1
mené par des chercheurs de la Faculté de psychologie de
l’Université de Hull, en Angleterre.
On sait que certaines personnes répondent
bien à l’hypnothérapie
et que d’autres y sont réfractaires, mais on ignore
pourquoi. Les auteurs de l’étude voient dans leur découverte
une piste qui pourrait expliquer les effets de l’hypnose,
une technique qui laisse encore perplexes nombre de
scientifiques.
Grâce à des examens en tomodensitométrie (scanner),
ils ont observé chez les personnes sensibles à l’hypnose un
ralentissement de certaines activités neurologiques
lorsqu’elles étaient laissées au repos2, à la
suite d’une séance d’hypnose. Chez les sujets réfractaires,
soumis aussi à ne séance de suggestion hypnotique, les
chercheurs n’ont pas remarqué ce changement lorsqu’ils se
reposaient.
Selon eux, ces résultats indiquent que
l’hypnose a un effet spécifique sur les neurones, qui
diffère des effets attribuables au simple état de
relaxation.
Les auteurs de l’étude ont sélectionné
10 sujets sensibles à l’hypnose (groupe actif) et 7 autres
qui étaient réfractaires aux effets de cette technique
(groupe témoin). Les participants étaient placés dans un
tomodensitomètre (scanner) après avoir été soumis à
une séance d’hypnose. On leur demandait alors de s’adonner à
une tâche spécifique (écoute d’une musique fictive). Entre
les moments où ils devaient s’adonner à cette tâche, ils
étaient laissés au repos. Durant tout ce temps, les
chercheurs observaient l’activité cérébrale des sujets à
l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle
transmise par le tomodensitomètre.
Pierre Lefrançois – PasseportSanté.net
1. McGeown WJ, Mazzoni
G et al.
Hypnotic induction decreases anterior default mode activity.
Conscious Cogn. 2009 Dec;18(4):848-55.
2. Lorsque le cerveau est laissé à lui-même, pendant que
nous sommes en état de veille sans être sollicités par une
tâche précise, on peut remarquer une activité neuronale
spontanée, dite « par défaut ». Ce type d’activité cérébrale
est associé à l’introspection, à une sorte de concentration
de la conscience, « sans objet » et sans pensées
spécifiques. Par opposition à l’activité cérébrale de plein
éveil, ou « avec objet », qui se produit lorsque nous
réagissons à des stimuli extérieurs (visuels, sonores,
tactiles, réels ou imaginaires) et que la pensée est active.
Notre cerveau passe constamment d’un mode à l’autre.
L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle permet de
voir, en temps réel, le cerveau passer de l’un à l’autre de
ces deux modes. Ce que les chercheurs ont observé c’est que
l’état hypnotique inhibait l’activité du « réseau du mode
par défaut » durant les périodes où les sujets sous hypnose
étaient au repos. Chez les sujets qui n’étaient pas
sensibles à l’hypnose, le cerveau entrait normalement en
mode par défaut durant les moments de repos.